Reflets historiques

La région de Noréaz est habitée depuis le mésolithique (8000 à 550 ans avant JC).  D'ailleurs, de nombreux outils en silex et nucléi (noyaux de roche) ont été découverts aux alentours du Lac de Seedorf qui abritait  un palafitte, construction lacustre du néolithique et de l'âge du bronze.  Les restes d'une habitation ont été découverts en 1971 (pilotis, poutres couchées, poterie cassée).  Il s'agit de l'unique station lacustre repérée près d'un petit lac dans le canton de Fribourg. Les données à disposition font état d'exceptionnelles conditions de conservation des vestiges archéologiques.

A l'époque de la féodalité, Noréaz fait partie du bailliage savoyard de Montagny.

En 1939, à l'occasion de l'Exposition nationale de Zürich, Noréaz s'est dotée d'armoiries. Celles des Sires de Prez ont été choisies pour rappeler que Noréaz fait partie de la paroisse de Prez, mais pour s'en distinguer, trois coquilles St-Jacques furent ajoutées pour évoquer le patron de la Commune, l'Apôtre St-Jacques le Majeur. Construite en 1635, l'ancienne chapelle de Noréaz lui avait été dédiée. Les coquilles St-Jacques rappellent l'emblème des pèlerins (les Jaquets) qui se rendaient à St-Jacques de Compostelle, en Galice espagnole. L'un des chemins y conduisant passait de Fribourg, via Seedorf, pour rejoindre ensuite la Broye, en passant par la forêt de Berley.

Aujourd'hui, Noréaz fait toujours partie de la paroisse de Prez, mais dispose d'une église communale, construite par l'architecte Colliard et inaugurée en 1957.  Elle fut entièrement financée, depuis 1922, par les habitants de Noréaz,  par le biais de dons, legs testamentaires, lotos, kermesses.

 

Noréaz/En Praz des Gueux, un site néolithique fribourgeois classé au rang de Patrimoine mondial de l'UNESCO

En 1971, Monsieur Küpfer, agriculteur à Noréaz, avertit le Service archéologique de l'Etat Fribourg qu'il a fait des découvertes dans une tranchée de drainage près du petit lac de Seedorf. Arrivée sur place, l'ancienne archéologue cantonale Hanni Schwab collecte quelques objets et documente sommairement la stratigraphie. Elle constate la présence de fumiers palustres – détritus organiques décomposés provenant d'anciens marais – et de pilotis, puis attribue cette station au Néolithique (5000-2300 avant J.-C.), sur la base de la typologie des objets mis au jour.

Sélectionnée parmi de nombreux sites pour figurer sur la liste de candidature au Patrimoine mondial de l'UNESCO, la station a fait l'objet, à l'automne 2009, d'une campagne de sondages archéologiques destinée d'une part à évaluer l'état de conservation de la couche archéologique et son contenu, d'autre part à mieux caractériser le site chronologiquement.

Cette intervention a permis de préciser l'extension minimale de ce petit village, qui a pu être estimée à 1200 m2. En outre, les sondages ont montré que la couche archéologique, composée d'un fumier contenant passablement de bois couchés, de baguettes et de brindilles sur une trentaine de centimètres de hauteur, était encore très bien préservée. Cet exceptionnel état de conservation des matériaux organiques sur plus de cinq millénaires s'explique par le fait que ces vestiges sont toujours restés immergés. La présence de nombreux pieux de différentes essences d'arbres a également été mise en évidence. Ces bois appartenaient à des constructions dont le plancher était sans doute rehaussé: à l'époque, vers 3850 avant J.-C., le lac était légèrement plus grand, et le village se trouvait certainement au bord de l'eau. La plaine, très marécageuse, offrait donc des conditions idéales pour planter les pieux des maisons.

L'étude dendrochronologique – la dendrochronologie est une méthode de datation basée sur le comptage des cernes de croissance du chêne – ainsi qu'une analyse radiocarbone – procédé basé sur la mesure du carbone 14 contenu dans la matière organique – ont permis de placer la construction du village entre 3885 et 3816 avant J.-C. et de l'attribuer ainsi à la culture du Cortaillod qui s'étendait, à l'époque, de notre lac Léman à l'actuelle région zurichoise.

Les recherches archéologiques effectuées en 2009 ont confirmé que le site de Noréaz/En Praz des Gueux – le seul du canton à ne pas se trouver autour des lacs de Morat ou de Neuchâtel – méritait amplement son classement dans la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. La population de Noréaz et alentours est donc aujourd'hui en droit de s'enorgueillir du fait qu'elle possède, sur son territoire, un site qui a été jugé culturellement aussi précieux que les trois célèbres pyramides de Gizeh en Egypte, la Grande Muraille de Chine, ou, plus près de nous, le vignoble en terrasses du Lavaux et la vieille ville de Berne.

Une exposition présentant au public les cinq sites palafittiques fribourgeois classés au patrimoine mondial de l'UNESCO aura lieu au Musée romain de Vallon du 16 juin 2012 au 13 janvier 20132 (vernissage le15 juin 2012)

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Service archéologique de l'Etat de Fribourg
026 305 8246

Figures

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Fig. 1 : Stratigraphie du sondage n°1 (cliché : Saef)

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Fig. 2 : Localisation et extension du site (Saef)

 

Application iPhone

Afin de mieux imaginer la vie de nos ancêtres dans les 111 stations lacustres classes, leur visite virtuelle est possible, dès le 7 juillet 2011. Grâce à l’application iPhone « Palafittes Guide » et ses commentaires étoffés sur chaque site !

www.palafittes.org/fr/index/html

 

 

Histoire et histoires de Noréaz

Si vous êtes intéressé à connaître plus en détail l'histoire et les histoires de Noréaz, nous vous invitons à consulter le site www.nervo.ch sur lequel vous trouverez, entre autres, l'ouvrage qu'a consacré à Noréaz  Jean-Marie Barras.